Le taux d’occupation Airbnb par ville est l’une des données essentielles pour évaluer la rentabilité d’un investissement locatif. En France, ce taux varie fortement : Paris affiche 71 % chez Lodgify quand des villes plus petites plafonnent à 40 %. Mais attention : une forte occupation ne garantit pas des revenus élevés si les prix nightly sont bas. Cet article vous aide à décrypter les vrais chiffres et à éviter les pièges.
Un voyageur accueilli dans un logement impeccable, c'est 5 étoiles garanties et un taux d'occupation de 85%+. Tout part du détail.
Qu’est-ce que le taux d’occupation Airbnb et comment le calculer ?
Le taux d’occupation Airbnb mesure le pourcentage de nuits réservées sur le total de nuits disponibles. La formule est simple mais fondamentale :
Taux d’occupation = (nuits réservées ÷ nuits disponibles) × 100
Exemple concret : un T2 disponible 365 nuits/an avec 260 nuits réservées = (260 ÷ 365) × 100 = 71 % d’occupation.
Deux points souvent oubliés :
- Les jours de blackout (blocages volontaires pour entretien) réduisent les nuits disponibles mais pas l’occupation réelle
- Un taux d’occupation à 80 % annuel cache des disparités saisonnières : 90 % en juillet-août et 50 % en janvier
SOURCE: Calcul standard validé par les plateformes de gestion locative.

Classement des villes françaises par taux d’occupation 2026
Voici les données consolidées de Lodgify et HostnFly, deux sources d’autorité cités dans le rapport de marché 2026 :
Observation clé : les écarts entre sources existent car les méthodologies varient (période observée, filtrage des annonces, type de bien). Les chiffres Lodgify et HostnFly incluent tous les types de logements (studio à villa).

L’impact majeur de la saisonnalité sur l’occupation
L’occupation moyenne annuelle cache des montagnes russes saisonnières. Les zones côtières et touristiques connaissent des écarts dramatiques :
Côte atlantique (Bretagne, Aquitaine) :
- Juillet-août : 85-90 % (pic saisonnier)
- Septembre-juin : 45-55 % (creux profond)
Villes de montagne (Chamonix, Courchevel) :
- Décembre-février : 80-90 % (saison ski)
- Juin-septembre : 40-50 % (creux estival)
Grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux) :
- Toute l’année : 60-75 % (stabilité grâce au tourisme d’affaires)
Le piège : une occupation annuelle de 68 % peut signifier 85 % en haute saison (bonne) ou 55 % en basse saison (risqué). Source: données saisonnières partagées par propriétaires sur les forums LMNP.

RevPAR : le vrai indicateur de rentabilité (pas juste l’occupation)
Un piège classique : confondre occupation et rentabilité. Deux scénarios identiques montrent pourquoi :
Scénario A : 80 % d’occupation × 80 €/nuit = 365 × 0,80 × 80 = 23 360 € annuels bruts
Scénario B : 65 % d’occupation × 140 €/nuit = 365 × 0,65 × 140 = 32 760 € annuels bruts
Le RevPAR (Revenue Per Available Room) capture cette réalité : RevPAR = occupation × ADR (average daily rate). Un bien avec 65 % d’occupation à haut prix peut battre 80 % d’occupation à bas prix.
En 2025-2026, les données d’Airdna (plateforme premium de benchmark) confirment ce phénomène : les villes saturées (75%+ occupation) voient les propriétaires baisser les prix pour remplir, ce qui réduit le RevPAR réel.
Villes avec forte occupation mais faible revenu : l’effet de saturation
Certaines villes affichent 70-75 % d’occupation mais génèrent moins de revenus que des villes à 60 % occupation. Pourquoi ?
Suroffre locale : trop de propriétaires lancent des logements simultanément → guerre des prix → occupation ±élevée mais ADR en chute.
Exemples documentés :
- Côte bretonne (Dinard, Saint-Malo) : 75 % d’occupation, mais ADR en baisse de 20 % vs 2022 (plateforme de gestion propriétaires)
- Stations de ski surequipées : occupation 80 %, mais tarif nuit réduit de 25 % (concentration offre)
Stratégie inverse profitable :
- Nantes, Rennes : occupation 60-62 %, mais ADR plus stable et moins de concurrence → rentabilité nette supérieure à des villes « célèbres »
Cet insight vient de l’analyse d’investisseurs LMNP ayant comparé leurs propres données avec les classements publics.

Comment obtenir le taux d’occupation actuel d’une ville ?
Airbnb ne publie plus ces données officiellement depuis 2021 (changement de politique). Où chercher ?
Outils gratuits ou freemium :
1. Airdna (plateforme référence) : inscription gratuite limitée à 5 villes/mois, essai 7 jours complet, puis premium 99 €/mois
2. Propriétaire.com : données de base gratuites, détails réservés aux membres
3. Jedeclaremonmeuble.com : propose des taux par ville actualisés trimestriellement, orientation LMNP
4. Forums propriétaires (r/airbnbhosts, groupes Facebook LMNP) : échanges directs avec propriétaires de la ville cible
Approche terrain (plus fiable) :
- Contacter 3-5 propriétaires locaux (via forums ou annuaires) et leur demander leur occupation réelle des 3 derniers mois
- Comparer avec les données publiques (écart = correction saisonnière ou méthodologie)
- Facteur de conversion : l’occupation « officielle » Airbnb × 0,88 ≈ occupation réelle nette (les annulations 7j avant ne sont pas visibles)

Nouvelles réglementations locales et impact sur l’occupation 2025-2026
Deux régions majeures ont introduit des restrictions qui réduisent l’offre et impactent les taux d’occupation :
Paris (Loi Elan, applicée janvier 2025) :
- Limite les locations courte durée à 120 jours/an par propriétaire (sauf si résidence principale)
- Résultat attendu : offre réduite de 30-40 %, occupation locale devrait monter mais plafonds de revenus limitent les gains nets
- Occupation estimée 2026 : stable ou +2-3 points, mais RevPAR/occupant en baisse (plafonds)
Lyon (décrets 2024) :
- Obligation de licence et restriction progressive de l’offre courte durée
- Impact : occupation taux restant stable, mais départ de propriétaires peu professionnels
Côte d’Azur (Nice, Antibes) :
- Pas de restriction drastique, mais taxation locale croissante des revenus Airbnb (7-10 %)
- Effet : taux d’occupation peu affecté, mais marges nettes réduites
Résumé : avant d’investir, vérifier les réglementations locales. Une occupation de 70 % à Paris 2026 ≠ 70 % en 2022 (plafonds de revenus changent la donne).
Stratégies d’optimisation pour augmenter votre taux d’occupation
| Option | Occupation | ADR moyen | Charges | Rendement net |
|---|---|---|---|---|
| Paris | 68% | 120€ | 42% | 9,6% |
| Nice | 71% | 115€ | 41% | 9,4% |
| Bordeaux | 66% | 95€ | 38% | 8,2% |
| Nantes | 60% | 85€ | 36% | 7,9% |
| Toulouse | 64% | 90€ | 37% | 8,1% |
Si votre occupation est inférieure à la moyenne de la ville, voici les leviers directs :
1. Optimisation tarifaire (levier le plus rapide) :
- Ajuster les prix selon saisonnalité : +30 % en haute saison, -20 % en basse saison
- Proposer des tarifs dégressifs : semaine -10 %, mois -15 % (attire les longs séjours, stabilise l’occupation)
2. Description & photos :
- Photos professionnelles (studio photo : 200-500 €, ROI dès 1-2 mois)
- Titre incluant l’atout principal (« Vue mer », « Quartier historique », « Proche métro »)
- Mots-clés touristiques (musée à 5 min, plage à 10 min, restaurants typiques)
3. Gestion des avis :
- Occupation + avis ≥4,8/5 = accès au « Superhost » Airbnb (visibilité +15 %)
- Répondre aux avis en 24h, gérer les insatisfactions avant qu’elles deviennent publiques
4. Diversification des canaux :
- Lister aussi sur Booking.com, Vrbo, Airbnb en parallèle (répartit le risque)
- Quelques propriétaires rapportent +20 % occupation en combinant 2-3 plateformes
Calcul de la rentabilité réelle : formule complète
Au-delà de l’occupation, voici la formule que les investisseurs LMNP utilisent :
Rentabilité brute annuelle = (Occupation % × 365 jours × ADR moyen) = Chiffre d’affaires
Rentabilité nette = CA brute − Charges
Les charges clés (varient par ville) :
- Nettoyage professionnel : 15-20 % du CA
- Maintenance (mobilier, électroménager) : 8-12 % du CA
- Assurance courtage : 2-3 % du CA
- Frais Airbnb : 3 % (services hôtes)
- Impôts LMNP : 15-45 % du bénéfice (selon régime réel/micro)
- Taxe touristique locale : 2-8 % du CA (selon ville)
Exemple chiffré (T2 à Bordeaux) :
- Occupation : 66 % (moyenne ville)
- ADR : 100 €/nuit
- CA brute : 0,66 × 365 × 100 = 24 090 €
- Charges totales (40 %) : −9 636 €
- Bénéfice net LMNP : 14 454 € annuels
- Rendement si bien acheté 200 000 € : 7,2 %
Comparez ce 7,2 % avec le rendement locatif classique (3-5 % en France) et les taux immobiliers (2,5-3,5 %). La rentabilité Airbnb reste intéressante si occupation ≥60 % et charges maîtrisées.

Classement des villes par rentabilité, pas juste par occupation
En croisant occupation réelle, ADR moyen et charges locales, voici le vrai classement rentabilité (2026) :
Tier 1 (rentabilité nette 8-12 %) :
- Nice, Paris (occupation élevée + ADR fort, mais charges élevées aussi)
- Bordeaux (équilibre occupation/prix/charges)
Tier 2 (rentabilité nette 6-8 %) :
- Toulouse, Nantes, Rennes (occupation stable, ADR modéré, charges contrôlées)
- Strasbourg (niche touristique stable)
Tier 3 (rentabilité nette 4-6 %) :
- Lyon, Marseille (occupation variable, ADR sensible à la concurrence)
- Petites villes côtières surequipées (occupation ≥70 % mais prix bas)
Ce classement inverse parfois l’occupation pure. Nantes (60 % occupation) peut battre une côtière à 75 % occupation mais tarif en chute.

Cas concret : investisseur LMNP en décision
Mathieu, 35 ans, agent immobilier, considère deux villes pour son premier investissement Airbnb :
Option A : Studio à Paris (18e)
- Prix achat : 180 000 €
- Occupation estimée : 68 % (moyenne Paris)
- ADR moyen : 120 €/nuit
- CA annuel : 0,68 × 365 × 120 = 29 760 €
- Charges (42 % Paris cher) : −12 499 €
- Résultat net : 17 261 € → rendement 9,6 %
Option B : T2 à Nantes (hyper-centre)
- Prix achat : 150 000 €
- Occupation estimée : 60 % (stable, ville émergente)
- ADR moyen : 85 €/nuit
- CA annuel : 0,60 × 365 × 85 = 18 615 €
- Charges (36 % Nantes moins cher) : −6 701 €
- Résultat net : 11 914 € → rendement 7,9 %
Conclusion de Mathieu : Option A rentable en absolu (+5 400 €/an), mais capital investi 20 % plus élevé. Par euro investi, Paris = 9,6 %, Nantes = 7,9 %. Mathieu choisit Paris (rendement supérieur, moins de risque saisonnalité, liquidité meilleure).
Mais s’il avait trouvé un T2 à Paris à 160 k€, c’eût été autre chose…
Questions fréquentes
Où trouver le taux d'occupation Airbnb actuel d'une ville ?
Airbnb ne publie plus ces données officiellement. Utilisez Airdna (essai 7j gratuit, puis 99 €/mois), Propriétaire.com (gratuit limité), ou Jedeclaremonmeuble.com (données LMNP). La méthode la plus fiable : contacter 3-5 propriétaires locaux sur les forums LMNP pour comparer leur occupation réelle vs les données publiques.
Quelle ville compte le plus de logements Airbnb en France ?
Paris domine largement avec environ 50 000-60 000 annonces actives, suivie de Nice (12 000-15 000) et Bordeaux (10 000-12 000). Mais plus d'annonces = plus de concurrence = pression tarifaire. Nantes, avec moins d'offre (7 000-8 000), connaît une occupation stable et prix moins volatiles.
Quelles sont les statistiques d'occupation Airbnb par ville en France 2026 ?
Selon Lodgify et HostnFly (2026) : Paris 68,5 %, Nice 70,5 %, Bordeaux 66 %, Toulouse 64 %, Marseille 62,5 %. La moyenne française oscille entre 60-70 %, avec forte saisonnalité : côtes à 85 % été / 45 % hiver, villes affaires stables 60-75 % toute l'année.
Comment savoir si une ville est rentable en Airbnb ?
Ne regardez pas juste l'occupation. Calculez RevPAR = occupation % × prix moyen nuit. Puis soustrayez les charges (nettoyage 15-20 %, maintenance 10 %, impôts LMNP 15-45 % du bénéfice). Une occupation 65 % à 140 €/nuit peut battre 80 % à 80 €/nuit. Cible minimale : 6-7 % de rendement net pour justifier le risque.
Comment le taux d'occupation varie-t-il selon la saison ?
Côte atlantique : 85-90 % juillet-août, 45-55 % janvier-juin. Montagne : 80-90 % décembre-février (ski), 40-50 % juin-septembre. Grandes villes (Paris, Lyon) : 60-75 % stable toute l'année. La saisonnalité crée des creux profonds ; l'occupation annuelle de 68 % cache souvent 90 % + 50 % alternés.
Quels sont les avantages d'investir dans une ville avec haut taux d'occupation Airbnb ?
Stabilité de revenus, visibilité Airbnb accrue, meilleure trésorerie. Mais attention : taux élevé (75 %) souvent = suroffre locale = pression tarifaire à la baisse. Meilleure stratégie : chercher 60-70 % d'occupation + ADR stable, plutôt que 75-80 % + prix en chute.
Comment optimiser le taux d'occupation de mon logement Airbnb ?
1) Pricing dynamique (−20 % basse saison, +30 % haute saison). 2) Photos pro (200-500 €, ROI 1-2 mois). 3) Titre avec atout principal + mots-clés touristiques. 4) Avis ≥4,8/5 (accès Superhost, visibilité +15 %). 5) Diversifiez sur Booking, Vrbo en parallèle. 6) Offres dégressives (semaine −10 %, mois −15 %).
Quel est le taux d'occupation minimum viable pour rentabiliser un bien Airbnb ?
Dépend des charges. Avec charges 40 % et impôts LMNP 25 % du bénéfice : besoin 62-65 % d'occupation minimum pour 6 % rendement net. Charges basses (35 %) ? 55-60 % suffisent. Charges élevées (45 %) ? Besoin 70 %+. Modélisez toujours avec vos charges spécifiques avant d'acheter.
